Pascal Zavaro : Aristophanes on the Ground

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Aristophanes on the Ground

Quatuor avec Piano

Compositeur : Pascal Zavaro

 

Éditions BILLAUDOT

 

Référence ISBN : 979-0-043-09811-9

Présentation de Pascal Zavaro lui-même :

Aristophanes on the Ground (Aristophanes à terre) tire parti de deux procédés formels très différents et éloignés dans le temps : d’une part un rythme grec (dit Aristophanien) à onze unités (mélange de 4 longues et 3 brèves), d’autre part le “ground mélodique”, forme à mélodie obstinée en faveur au XVIIe siècle et génialement illustrée par H.Purcell.La mélodie de la basse (à onze notes), sur une mesure à 11/8, envahira tous les espaces du morceau, parfois de manière très dissimulée, à d’autres moments très évidente.

Les temps de la pièce ne sont qu’indicatifs et pourront être assouplis et modulés par les interprètes au cours du morceau.Ils pourront ainsi en accuser les respirations et en accentuer les différents caractères.

Voici une belle présentation de Jérémie Rousseau sur le site des éditions Billaudot
Si vous lui demandez de quels univers sa musique se nourrit, où elle puise, regarde ou se régénère,
Pascal Zavaro pourrait, par boutade, vous répondre que l’équivalent musical de Brazil de Terry
Gilliam le fascine absolument. Que ce film fantasmagorique, avec ses machines déglinguées, ses
bouts de tuyaux monstrueux, nous montre en réalité une humanité déchirée et déchirante, et que sa
musique s’y retrouve, car elle en respire les bouffées d’énergie et d’acide. Il pourrait aussi vous parler
d’Import/Export , ce film de l’autrichien Ulrich Seidl, «très dur sur la modernité, et qui nous dit ce qui
subsiste d’une humanité morcelée mais vibrante». Nous ajouterons, au rang de ses influences, qu’outre
le cinéma, la sculpture et la peinture comptent toujours beaucoup pour Zavaro (il a grandi dans une
famille de plasticiens, son père Albert est un célèbre peintre), et que ses références fréquentes à César,
Tinguely ou Francis Bacon ne sont pas de simples postures. Des formes distordues et déséquilibrées
de ce dernier, il a tiré Three studies for a crucifixion , pour orchestre de chambre ; à leur création en
janvier 2004 à Radio France, il fallait voir la salle se déhancher et s’empourprer aux sons de ces éclairs
et de ces swings désenchantés ! Oui, la musique de Zavaro se ressent avant tout, tactile, battante, avec
son goût pour les danses (tiens, des fantômes de boogie ! tiens, des bouts de mambo !), ces batteries
de rythmes qui démangent, ces harmonies piquantes et ces mélodies effervescentes, pleines de
zébrures et de dangers. Car si son art s’amuse des univers qu’il convoque, il jouit encore plus de leurs
conflagrations. L’attirance de Zavaro pour l’œuvre du polonais Mitorai en dit encore long sur lui :
«Mitorai sculpte des fragments de statues qui ont l’air antiques, dit-il,mais avec d’étranges inclusions; on
peut voir un torse admirable, avec, soudain, un vide à la place du coeur. Et le travail artisanal est superbe,
la facture magistrale».
Chez Zavaro, le métier, lui aussi est sûr et solide. La force expressive de sa musique, il la trouve dans
une pensée harmonique clairement affirmée, qui met entre parenthèses, même s’il les connaît bien,
les héritages un peu stériles du post-sérialisme. Il a appris à connaître la musique de ses confrères en
la jouant, au sein des grands orchestres parisiens depuis les percussions, «le poste idéal pour
compulser une partition dans son entièreté» précise-t-il. Là, il a entendu tout ce qu’il aimait ou
détestait et su, par la pratique, tirer parti de ses expériences. Le jeune instrumentiste est peu à peu
devenu compositeur : sa première partition chez Billaudot, Hommage à K, créée en 1991, est écrite
pour le marimba, dont il est un interprète virtuose.
Singulier parcours que celui de ce compositeur, initié à la musique non par voie traditionnelle, mais
par un groupe de rock, formé dans l’enfance. Et quatre disques à la maison, pas plus – Bach,
Beethoven, les Beatles, Piaf. «J’ai appris à lire la musique tout seul, très tard, vers quinze ans. J’ai fait
de la batterie, de la guitare, grâce à des méthodes, car je ne voulais absolument pas être au conservatoire.
La musique faisait partie de mon jardin secret et n’avait rien à voir avec l’école».
Si le spectre de ses influences est large, des madrigalistes à Stravinski en passant par Bach et Bartok,
les minimalistes américains – Steve Reich en tête – ont particulièrement marqué son travail.
Déjeuner sur l’herbe (2000) en est un bel exemple. Silicon Music (1997) montre bien son attirance pour
l’électronique mais aussi son goût pour une musique pulsée, les déhanchements dynamiques, une
énergie contagieuse qui plonge chez les répétitifs et dans le rock. Cette Silicon Music a remporté, en
avril 2008, le Grand Prix des lycéens. Les jeunes ont gouté dans la pièce cette impression de ne jamais
savoir ce qui allait advenir la seconde suivante. Comme une suite permanente de nouveaux
événements, avec des développements retardés et brusquement stoppés. «Notre époque à tendance à
zapper, commente Zavaro,
et cette pièce a quelque chose du maelström, comme une descente en bobsleigh où tout défile sans qu’on ait le temps de voir ce qui se passe».
Fiberglass Music (2001), elle fait jouer un quatuor sur un quatuor pré-enregistré. Mais les pages de l’électronique et du minimalisme semblent
tournées, et sa musique est aujourd’hui plus européenne.
The Meeting (2006), le Concerto pour violoncelle (2007) illustrent parfaitement ces manières et matières renouvelées, dont le tissu n’a rien
perdu de sa tension ni de son expressivité tourmentée. Aujourd’hui Pascal Zavaro compte une soixantaine d’œuvres à son catalogue.
«J’ai trouvé l’univers harmonique dans lequel j’ai envie d’être,dit-il,et j’en découvre tous les jours un nouvel aspect ».
On le croit volontiers. Et on le suit illico.

Jérémie ROUSSEAU

Commentaire : Une musique très ‘dansante’ et très ‘audible’ !

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